10 Avril 2019

Vega C

Actif depuis 2012, le plus léger des lanceurs européens bénéficie avec cette nouvelle version Vega C (pour Consolidée) de plusieurs améliorations pour le rendre plus puissant et plus souple d’utilisation sans augmentation des coûts. Le premier vol est prévu dès 2020 au Centre Spatial Guyanais, sur les mêmes installations que la version originale.

En décembre 2014, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) donnait son accord pour le développement de Vega C, l’amélioration de son lanceur léger, accordant 395 millions d’euros pour ce projet dont l’industriel Avio est le maître d’œuvre (à l’origine en consortium avec l’agence spatiale italienne ASI). L’objectif est de doter Vega C d’une capacité supérieure à 2,2 tonnes en orbite basse polaire (700 km) contre 1,5 tonnes pour Vega, pour pouvoir embarquer des satellites plus imposants, mais aussi plus nombreux dans le cadre de lancements et de remplacement de constellations. L’ESA et les partenaires industriels souhaitent à travers Vega C couvrir tous les besoins de satellites institutionnels et privés pour l’observation de la Terre.

Le changement le plus significatif concerne le premier étage, Vega C étant équipé d’un nouvel étage propulsif à ergols solides P120C. Ce dernier développe le double de poussée par rapport à son prédécesseur, le P80, mais dispose surtout d’un avantage considérable de production : il sera utilisé en commun avec le lanceur Ariane 6 qui en sera équipée de 2 ou 4 selon les besoins. Produit en série à plusieurs dizaines d’unités par an, le P120C permettra de rationaliser les coûts des deux programmes.

D’autres améliorations concernent le 2è étage (également à ergols solides) Z-40, lui aussi plus puissant et plus lourd que le Z-23 qu’il remplace, et l’étage supérieur à ergols stockables AVUM+ qui dispose d’une structure plus légère et de plus de carburant. Enfin, la coiffe s’agrandit avec un diamètre qui passe de 2,6 m à 3,3 m de diamètre.

Au Centre Spatial Guyanais, Vega C utilisera le même site de lancement que la version précédente (ELV ou « Ensemble de Lancement Vega »). Le pas de tir a subi des travaux d’extension qui permettent aux deux variantes d’être opérées avec les mêmes installations.

Le CNES, en plus de gérer les infrastructures du Centre Spatial Guyanais ainsi que les stations qui assurent le suivi lors des lancements, est impliqué dans le développement de l’étage propulsif P120C. L’agence française supervise notamment les trois tests au sol du P120C sur le Banc d’Essai des Propulseurs à Poudre (BEAP) en Guyane.